Notice: La fonction _load_textdomain_just_in_time a été appelée de façon incorrecte. Le chargement de la traduction pour le domaine bridge a été déclenché trop tôt. Cela indique généralement que du code dans l’extension ou le thème s’exécute trop tôt. Les traductions doivent être chargées au moment de l’action init ou plus tard. Veuillez lire Débogage dans WordPress (en) pour plus d’informations. (Ce message a été ajouté à la version 6.7.0.) in /home/lzytvie/aumonerie/wp-includes/functions.php on line 6260

Deprecated: Constant FILTER_SANITIZE_STRING is deprecated in /home/lzytvie/aumonerie/wp-content/plugins/timetable/class/sp-bookings.class.php on line 147
Aumônerie Israélite des Armées | Le mot du Grand rabbin de France
Deprecated: WP_Dependencies->add_data() est appelé avec un argument qui est obsolète depuis la version 6.9.0 ! Les commentaires conditionnels IE sont ignorés par tous les navigateurs pris en charge. in /home/lzytvie/aumonerie/wp-includes/functions.php on line 6260
 

Le mot du Grand rabbin de France

Le mot du Grand rabbin de France

LE « FRANCO-JUDAÏSME » EST TOUJOURS NOTRE BOUSSOLE ( Haïm Korsia)

Lorsque j’ai écrit la biographie du Grand rabbin Kaplan, il s’agissait de rendre hommage à tous les engagements de ce grand Français, mais également de rendre justice à sa vision de ce que l’on a appelé le « franco-judaïsme ». Il y avait même, chez certains, une sorte de mépris pour cette formule, alors qu’elle portait une forme de double espérance faite de fidélité à la Thora et aux valeurs de la République. Dans le « franco-judaïsme », il y a tout le patriotisme des Juifs Alsaciens qui firent le choix de quitter leur terre ancestrale pour rester en France, il y a la force du message du grand Sanhedrin qui ne sacrifiait aucune des lois bibliques pour crier son amour de l’Empire, il y a toute la fierté d’un Dreyfus qui demeura fidèle à la mère patrie alors que celle-ci le rejetait, il y a toute la dignité de Pierre Masse écrivant de Drancy à Pétain qu’il ne fallait pas oublier de retirer les décorations des membres de sa famille morts au champs d’honneur.

Le « franco-judaïsme » était la réunion des deux vocations de la France et de sa culture et du judaïsme et de sa morale.

Or, de nos jours, nous constatons que les références ne sont plus françaises. Les regards de beaucoup se tournent vers l’étranger. Et ce n’est même pas toujours Jérusalem, mais plutôt New York, Ouman, Bneï Brak ou ailleurs. Ce peut être parfois le pays d’origine, comme si le judaïsme d’il y a cinquante ou soixante ans et d’ailleurs pouvait être comparable à ce que nous vivons ici et maintenant. Il est impératif de réciter la prière pour la République chaque samedi en nos synagogues, d’autant que nous y avons ajouté le paragraphe suivant:

Eternel, accorde ta protection et ta bénédiction à nos forces de l’ordre et à nos soldats qui défendent en France et à travers le monde la France et ses valeurs.

Leur courage, leur force morale et leur ténacité sont notre honneur.

Cette prière est un acte de foi et d’engagement au service de la France et elle a toujours été l’une des spécificités du judaïsme consistorial dont la devise est plus que jamais  » Religion et Patrie ».

Il y a une permanence de la Thora et c’est ce qui maintient le judaïsme, et il y a également un ancrage dans nos coutumes françaises qui nous font vivre avec nos concitoyens ce qui ne se vit nulle part ailleurs dans le monde.

Nous devons également être plus ouvert à un dialogue avec les autres cultes et encourager, par exemple, les visites de nos synagogues par les scolaires et les jeunes des catéchismes, car cela pousse à entrevoir un mode de vie à travers la découverte d’un lieu. Si l’épiscopat français a été autant moteur dans les retrouvailles entre Juifs et Chrétiens, c’est parce que justement ce modèle français permettait ces rencontres en équité. Le modèle laïque de notre République donne à chacun la place pour conjuguer sa foi et sa citoyenneté, sans obérer l’une par l’autre et inversement. Il ne s’agit pas d’être meilleur Juif en étant moins Français ou plus Français en étant moins Juif, ce serait dans les deux cas se renier. La laïcité est ce qui nous met en situation de ne pas avoir à choisir entre notre pratique religieuse et notre engagement citoyen, ou comme disait le grand rabbin Kaplan, entre son père et sa mère.

Mais une certaine crispation semble poindre, en particulier dans le domaine des universités, puisque certains ne lisent pas la loi de laïcité comme une possibilité de respecter une pratique religieuse intelligemment, mais en font au contraire un outil de rejet de celui qui n’est pas dans la norme. Mais qu’est-ce que la norme ? Chacun est porteur de son génie propre et participe à la grandeur de la France en étant lui-même. Et le judaïsme doit prendre sa part en portant encore et toujours ses convictions et ses actes de foi qui sont aussi nécessaires aux Juifs qu’à la France.

Il me semble important, pour ne pas dire urgent, de ré enchanter le franco-judaïsme et lui redonner le souffle qui fut le sien. Fut un temps où les rabbins étaient ceux qui, par-delà la tradition biblique, portaient la culture française à leurs fidèles, et nous devons retrouver cette capacité à parler à toute notre communauté et plus largement, à la communauté nationale.

C’est ce que nous avons la chance de vivre dans les armées où nous ne devons jamais oublier que si, en effet, nous nous occupons des militaires juifs et des familles, nous sommes les aumôniers israélites des Armées, de tous les militaires de toutes les Armées.

Haïm Korsia, Grand rabbin de France

Ancien aumônier en chef du culte israélite (2007 – 2014)

Aumônier de l’école Polytechnique

No Comments

Post A Comment