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Aumônerie Israélite des Armées | La fraternité dans l’armée
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La fraternité dans l’armée

Auteur: CGA Daniel H.

La vie militaire commence par l’apprentissage du collectif : vivre ensemble, se déplacer ensemble, partager la nourriture, les douches, les chambrées, la charge qu’il faut transporter, les frissons sous la pluie d’une longue nuit de marche.

Tout militaire étant potentiellement un combattant, il apprend également les fondamentaux du combat : se déplacer, se poster, observer. Très vite intervient une notion vitale pour la sécurité du combattant : le binôme. Le binôme, c’est l’appui, le camarade qui veille sur nos arrières, celui qui nous couvre. Et puis chemin faisant, d’épreuve en épreuve se constitue la chaine qui donnera sa force à une unité : le groupe de combat, la section au sein desquels tout se partage : l’épreuve, la fatigue, l’eau, le coup de blues, mais aussi les rigolades et la joie d’une qualification obtenue, d’un brevet décroché à force d’acharnement et de nuits courtes. Après, chacun part sur sa voie pour exercer les métiers les plus divers dans les trois dimensions. Mais ce qui constitue le socle sur lequel se bâtit la force d’une armée, c’est cette découverte de la notion de camaraderie qui ne se développe vraiment que dans l’épreuve, la sueur et parfois, le sang et les larmes.

Tout le monde a vu un jour un épisode de Band of Brothers, cette merveilleuse série qui mêle le témoignage d’anciens de la 101ème airborne à une fiction reconstituant leurs faits d’armes. Ce qui perce l’écran, alors, c’est l’émotion qui étreint ces survivants lorsqu’ils parlent de leurs frères d’armes tombés au combat. Ils se souviennent de leur nom, de leurs traits de personnalité, de moments partagés, de l’épreuve du feu vécue côte à côte. Les décennies écoulées depuis le 6 juin 1944 n’ont rien effacé.

Aujourd’hui encore, lorsqu’un camarade tombe et que dans un dernier hommage, une haie se constitue sur le pont Alexandre III, un carré se forme sur une place d’armes, c’est cette camaraderie vitale qui s’exprime sans qu’il soit besoin de connaître personnellement celui qu’on pleure.

La guerre, dans laquelle nos armées sont plongées à nouveau depuis 25 ans, a redonné sa pleine dimension à cette fraternité d’armes qui n’a pourtant jamais cessé de constituer l’ossature de la formation des officiers et sous-officiers, même lorsque s’installait provisoirement le silence des armes.  S’en écarter, aurait été ignorer le poids de la cohésion dans la puissance d’une armée. Le combat broie tout ce qui est fragile. L’immense dénuement du premier contact avec la violence de la guerre impose aux militaires les mieux entrainés une humilité totale. Seule la cohésion de l’unité, construite sur des bases solides par des chefs légitimes, permet de faire sortir le meilleur de cette sidération. C’est pour les copains que l’on se bat avant tout. L’estime mutuelle développée à l’entraînement constitue le ciment sans lequel ils ne pourraient pas résister aux épreuves de la guerre. Avec le temps, l’expérience du combat et les épreuves qu’il impose, cette fraternité murit, salaire ultime de ceux qui ont tout risqué sans rien attendre en retour. Le colonel Goya l’a remarquablement décrit dans son livre Sous le feu.

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