04 Nov Guerre obligatoire & guerre volontaire
La doctrine juive a mis en exergue, dès sa promulgation, le vocable « paix » (hébreu : shalom). Ainsi, celui-ci est employé dans de nombreuses circonstances. Pour saluer une personne, on lui souhaite Shalom, le Shabbath jour de repos est appelé shalom. C’est le terme le plus usité dans la tradition hébraïque. Dès la formation du royaume d’Israël, le peuple juif a été confronté à une grande résistance. Peuple esclave en Egypte, il a dû affronter l’animosité de plusieurs peuplades : les Egyptiens tout d’abord, puis les Hittéens, les Ammoréens et enfin les Amalécites. Ces derniers se sont livrés au massacre des vieillards et des malades. La réalité et le climat social, réfractaires au peuple juif dès sa formation, ont contraint ce dernier à prendre conscience de l’évidence et à envisager tous les moyens pour se défendre. La guerre, notion inconnue à l’origine, s’est imposée aux Hébreux.
Guerre obligatoire (Milhémèth mitsva ou Hova) et guerre volontaire (Milhémeth réchouth)
Il fallait par conséquent décider d’une véritable doctrine de la guerre. Toutefois, dans un premier temps, il a été envisagé seul le cas où les Hébreux seraient attaqués et devraient se défendre. Mais l’animosité, et parfois la haine implacable de certains peuples à l’égard de ces derniers, ont conduit les Docteurs de la loi à insister particulièrement sur la distinction entre guerre obligatoire (Milhémèth mitsva ou Hova) et guerre volontaire (Milhémeth réchouth).
La première catégorie couvrait au début les campagnes contre les sept peuplades occupant le pays promis aux Hébreux. A ceci s’ajoutaient les batailles contre Amalek qui, lors de la sortie d’Egypte, a assassiné vieillards et malades. Ajoutons au registre de la guerre obligatoire le cas de l’ennemi attaquant sans motif une ville juive.
La seconde catégorie – guerre volontaire – concernait tout combat mené pour l’extension du territoire. Il va de soi que la guerre obligatoire primait et que, dans ce cas, il n’était donc pas nécessaire pour le roi de demander la permission du Sanhédrin, la plus haute autorité judiciaire du Pays. En revanche, pour mener une guerre volontaire, l’autorisation du Sanhédrin était nécessaire.
En cas de guerre volontaire, un citoyen – selon l’opinion rabbinique – pouvait se désister et refuser de rejoindre l’armée. Ceci n’était pas possible en cas de guerre obligatoire.
La paix ne pouvait être proposée que dans une guère volontaire. Toutefois, Maïmonide et Nahmanide ont établi comme loi le fait que la paix pourrait être déclarée même dans une guerre obligatoire. Cela a été établi comme loi par Maïmonide.
Parmi certaines lois notables de la guerre, il était interdit à une armée juive de commencer le siège d’une ville païenne moins de trois jours avant le shabbat. Toutefois, elle pouvait continuer les opérations ce jour – là, même dans une guerre volontaire.
L’armée était autorisée à camper dans n’importe quel endroit, et les soldats tués devaient être enterrés à l’endroit où ils étaient tombés.
Les soldats juifs jouissaient de certains privilèges, notamment :
- Ils pouvaient emporter du bois n’importe où sans encourir l’accusation de vol.
- Ils étaient autorisés à manger des fruits, même s’il n’était pas certain que ces derniers aient été correctement dîmés.
- Ils étaient exempts de se laver les mains et de faire le ‘erouv hatsérot (Chabbath 19a)
En assiégeant une ville païenne, on ordonnait aux troupes de l’investir sur trois côtés et de laisser un côté libre, afin que quiconque désirait s’échapper de la ville puisse le faire.
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